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Enfants et famille

La médiation avec le cheval est une aide précieuse pour les enfants qui trouvent le moyen de s’exprimer ou de se faire comprendre sans les mots d’adultes, avec leurs propres images parfois ou propres modes de relation.

Le travail pourtant gagne en profondeur lorsque les problèmes de l’enfant peuvent être replacés dans leur contexte familial et que nous avons un espace d’échange. Notamment : la difficulté de l’enfant n’est parfois que le symptôme d’autres choses qui ne vont pas bien à la maison… dans ce cas, une approche systémique peut garantir une amélioration à plus long terme.

Si c’est un enfant qui a du mal à s’exprimer, il est important de rétablir la communication entre tous, et pas seulement de lui redonner la parole dans un contexte où il pourrait être mal entendu…

Enfin, le partage valorise l’enfant qui entend dire du bien de lui et peut éprouver de la fierté ; c’est une façon d’échanger un symptôme « disqualifiant » contre une qualité nouvelle.

Concrètement, il est à prévoir au minimum une séance d’échange lors de la clôture du travail mais au mieux une activité en famille.

Illustrations en images :

     General    Enfant en colère aplati         Enfant avec Etiquettes

                    Généralités                                 Enfant en colère                           Enfant avec EtiquetteS

 

Cas pratique :

« Je sais pas dire mais je sens… »

Robin, 8 ans, court partout, trépigne, pendant que sa Maman m’explique, il saute d’un pied sur l’autre, intervient dans la conversation, essaye d’attirer mon attention…

 Enft modif

La maman voudrait diminuer la médication, ça devient impossible à la maison : il semble évacuer tout ce qu’il a contenu à l’école, elle n’en peut plus… Ils ont tout essayé : des récompenses aux sanctions, rien ne marche…

La jument est venue le renifler ; elle l’observe du coin de l’œil et patiente plusieurs minutes avant de se mettre à gigoter elle aussi…

Robin revient vers moi :

  • Dis, pourquoi elle bouge comme ça ?
  • Je ne sais pas… tu as une idée, toi ?
  • … ben peut-être que je suis un peu nerveux aussi !?
  • Ah !? Peut-être ? et que fais-tu quand tu te sens nerveux ?
  • A la psychomot’, elle m’a dit que je devais respirer bien, comme ça : (il emplit et vide ses poumons dans un mouvement accentué et rapide)
  • J’ai une idée, approche-toi de la jument et pose ta petite main là… C’est le cœur du cheval, est-ce que tu sens quelque chose ?
  • … (après un temps, c’est tout son corps qui se détend) Oh ouiiii !
  • OK, maintenant tu vas respirer en même temps que lui…

L’enfant vient de faire une expérience qu’il retiendra…

Dans l’espace de liberté qui lui était offert, il a expérimenté qu’il y avait une limite ; limite qu’il ne savait à rien de tenter de contourner puisque ce n’était pas un adulte qui la posait ; limite qu’il ne servait à rien de bousculer puisqu’il ne faisait pas le poids face à cet animal…

Il est alors rentré en lui-même pour s’interroger sur son état émotionnel. De manière spontanée et intuitive, il a su que ce n’était pas simplement lié à son comportement mais bien à son ressenti et il a compris que le cheval n’avait été que son reflet… Il a compris qu’ils étaient intimement liés et qu’il avait le pouvoir d’interagir sur cette relation, en s’apaisant lui-même…

Il a répondu lui-même à la question du pourquoi, en puisant dans ses sensations et non pas en collant la parole d’un adulte sur ce qu’il aurait dû sentir ; à son propre rythme, il a été, l’espace d’un instant, son propre guérisseur.

Les enfants ont une faculté de spontanéité qui facilite beaucoup le travail avec eux, dès lors que nous abandonnons notre discours rationnel, en particulier avec le cheval comme médiateur. Ils sont beaucoup plus vite que nous dans l’instant présent et ne semblent pas autant soumis au filtre du mental, ils sont dans l’interaction directe et le cheval miroir est plus juste et plus réactif que nous ne pourrions l’être comme adulte accompagnant.

Il est interpelant aussi de constater que les spécialistes de la dyslexie notamment dans l’ouvrage « Le don de dyslexie » commencent à envisager que les enfants qui en sont atteints ont en réalité une autre forme d’intelligence et traiteraient les informations sous forme d’images…

Selon Ronald Davis, il existerait deux sortes de pensées : la conceptualisation verbale et non verbale.

  • La pensée non verbale c’est penser avec des images de concept ou d’idées.
  • La pensée verbale est linéaire dans le temps. Elle suit la structure du langage.

La pensée non verbale est beaucoup plus rapide. Une personne peut développer les deux formes de pensées. Mais les dyslexiques développent surtout la pensée non verbale. Elle est beaucoup plus rapide, des milliers de fois plus rapide.

Par ailleurs, les adeptes de communication animale (ou intuitive) parlent d’une communication par image. Même si, au stade actuel, ce type d’échange n’est toujours pas prouvé scientifiquement (d’ailleurs le sera-t-il un jour ?), j’ai la conviction que ce pourrait être une autre clé de réussite des thérapies avec médiation animale ou dans ce cas précis, de thérapie avec le cheval.

La communication animale passe donc par un canal différent de la communication verbale. Les animaux pensent en image, émotions, sensations, sentiments mais nous aussi nos pensées et notre dialogue intérieur passent par les mêmes choses sans que nous nous en rendions compte. Les animaux envoient des informations sous formes d'images, de sensations… c'est leur langage universel