• Il n'y a que l'Homme pour s'enorgueillir d'être Chuchoteur... Plus heureux celui qui tendra l'oreille à son murmure...
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Vécu

Violences intrafamiliales

« Qu’est-ce qui nous arrive ? »

Belinda a dormi dans la voiture et semble avoir du mal à revenir à la réalité ; tandis qu’Ana est collée à sa Maman et ne perd pas un mot de notre échange…

 seppe

La Maman m’explique avoir subi des violences conjugales auxquelles aurait assisté Ana, l’aînée, mais pas Belinda, la cadette… Depuis la séparation, Ana est (trop) autoritaire avec sa petite sœur et essaye de prendre le dessus, c’est invivable…

Boy a remarqué que la Maman observait la séance et il a entamé son job. Dans un premier temps, Ana l’a mené, à droite, à gauche, arrêté,… et il s’est prêté au jeu. Lorsque vient le tour de Belinda, il se détourne soudain et d’un mouvement sec et rapide, il lui pince le bras en happant la manche de son anorak …

Moment de stupéfaction ! Je suis assaillie d’idées…

« Zut la pauvre petite ! » « Il lui fallait bien ça ! » « Justement à elle ! » « Bonjour la collaboration, Boy ! » « Tu étais sensé la remettre en confiance ! » Et même – je l’avoue – « saleté de poney ! »

« Je suis tellement désolée… » et soudain, c’est comme si tout s’éclairait…

Belinda est prostrée dans son coin, comme pétrifiée, ne bouge plus, ne dit rien, ne pleure même pas…

La Maman a bondi de derrière la barrière, en un geste protecteur et explique à la petite que Boy ne l’a pas fait exprès, qu’il a voulu jouer, que ce n’est rien, que ce n’est pas grave…

Ana fulmine et invective Belinda parce qu’elle a mal tenu le poney et qu’elle ne sait vraiment rien faire bien…

En l’espace d’un instant, d’une pincette, Boy nous a plongés dans l’exact scénario de ce qui se passait lors des violences à la maison et dans les rouages compliqués du Processus de Domination, entre l’état de sidération de la victime, les justifications ou la culpabilisation de l’entourage…

Sans nul doute, il aurait fallu un temps considérable en thérapie individuelle ou verbale pour arriver à travailler le ressenti de chacun ; peut-être même, n’auraient-ils jamais atteint une telle justesse. Merci Boy !

 

Enfants

« Je sais pas dire mais je sens… »

Robin, 8 ans, court partout, trépigne, pendant que sa Maman m’explique, il saute d’un pied sur l’autre, intervient dans la conversation, essaye d’attirer mon attention…

 Enft modif

La maman voudrait diminuer la médication, ça devient impossible à la maison : il semble évacuer tout ce qu’il a contenu à l’école, elle n’en peut plus… Ils ont tout essayé : des récompenses aux sanctions, rien ne marche…

La jument est venue le renifler ; elle l’observe du coin de l’œil et patiente plusieurs minutes avant de se mettre à gigoter elle aussi…

Robin revient vers moi :

  • Dis, pourquoi elle bouge comme ça ?
  • Je ne sais pas… tu as une idée, toi ?
  • … ben peut-être que je suis un peu nerveux aussi !?
  • Ah !? Peut-être ? et que fais-tu quand tu te sens nerveux ?
  • A la psychomot’, elle m’a dit que je devais respirer bien, comme ça : (il emplit et vide ses poumons dans un mouvement accentué et rapide)
  • J’ai une idée, approche-toi de la jument et pose ta petite main là… C’est le cœur du cheval, est-ce que tu sens quelque chose ?
  • … (après un temps, c’est tout son corps qui se détend) Oh ouiiii !
  • OK, maintenant tu vas respirer en même temps que lui…

L’enfant vient de faire une expérience qu’il retiendra…

Dans l’espace de liberté qui lui était offert, il a expérimenté qu’il y avait une limite ; limite qu’il ne savait à rien de tenter de contourner puisque ce n’était pas un adulte qui la posait ; limite qu’il ne servait à rien de bousculer puisqu’il ne faisait pas le poids face à cet animal…

Il est alors rentré en lui-même pour s’interroger sur son état émotionnel. De manière spontanée et intuitive, il a su que ce n’était pas simplement lié à son comportement mais bien à son ressenti et il a compris que le cheval n’avait été que son reflet… Il a compris qu’ils étaient intimement liés et qu’il avait le pouvoir d’interagir sur cette relation, en s’apaisant lui-même…

Il a répondu lui-même à la question du pourquoi, en puisant dans ses sensations et non pas en collant la parole d’un adulte sur ce qu’il aurait dû sentir ; à son propre rythme, il a été, l’espace d’un instant, son propre guérisseur.

Les enfants ont une faculté de spontanéité qui facilite beaucoup le travail avec eux, dès lors que nous abandonnons notre discours rationnel, en particulier avec le cheval comme médiateur. Ils sont beaucoup plus vite que nous dans l’instant présent et ne semblent pas autant soumis au filtre du mental, ils sont dans l’interaction directe et le cheval miroir est plus juste et plus réactif que nous ne pourrions l’être comme adulte accompagnant.

Il est interpelant aussi de constater que les spécialistes de la dyslexie notamment dans l’ouvrage « Le don de dyslexie » commencent à envisager que les enfants qui en sont atteints ont en réalité une autre forme d’intelligence et traiteraient les informations sous forme d’images…

Selon Ronald Davis Les dyslexiques ne développent pas les mêmes capacités, mais ils ont en commun certaines fonctions mentales dont voici la liste :

  • Ils ont l’esprit curieux
  • Ils pensent en images plutôt qu’en mots
  • Ils sont intuitifs
  • Ils perçoivent multidimensionnellement
  • Ils ont beaucoup d’imagination

Deux sortes de pensées

  • Les humains pensent de deux façons différentes, la conceptualisation verbale et non verbale. La pensée non verbale c’est penser avec des images de concept ou d’idées. La pensée verbale est linéaire dans le temps. Elle suit la structure du langage.
  • La pensée non verbale est beaucoup plus rapide. Une personne peut développer les deux formes de pensées. Mais les dyslexiques développent surtout la pensée non verbale. Elle est beaucoup plus rapide, des milliers de fois plus rapide.

… et que les adeptes de communication animale (ou intuitive) parlent d’une communication par image. Même si, au stade actuel, ce type d’échange n’est toujours pas prouvé scientifiquement (d’ailleurs le sera-t-il un jour ?), j’ai la conviction que ce pourrait être une autre clé de réussite des thérapies avec médiation animale ou dans ce cas précis, de thérapie avec le cheval.

La communication animale passe donc par un canal différent de la communication verbale. Les animaux pensent en image, émotions, sensations, sentiments mais nous aussi nos pensées et notre dialogue intérieur passent par les mêmes choses sans que nous nous en rendions compte. Les animaux envoient des informations sous formes d'images, de sensations… c'est leur langage universel